Rentabilité d’un boisé privé

Même si le rendement financier n’est pas généralement pas la principale raison qui amène un individu à acquérir ou conserver un boisé, près de la moitié des propriétaires forestiers le considèrent comme un placement.

 

Comme pour tout placement plus traditionnel, il est intéressant d’en connaître la rentabilité ou, à tout le moins, ce qui l’influence.

 

Les facteurs influençant le rendement financier d’un boisé

 

Lorsqu’on calcule le rendement financier d’un boisé, on compare les revenus retirés par rapport aux coûts engendrés pour acquérir et détenir ce boisé. Voyons les facteurs qui font varier les revenus et les dépenses, donc qui ont une influence sur le rendement financier.

 

La croissance forestière

 

La croissance est le facteur déterminant du rendement financier d’un peuplement. Celle-ci varie selon l’essence, l’âge, la densité, le sol et le climat. Par exemple, une plantation d’épinettes qui croît sur le sol fertile procurera à son propriétaire davantage de rendements qu’une plantation qui croît sur un sol pauvre. Le propriétaire peut également influencer la croissance de ses peuplements en réalisant des travaux sylvicoles. Ces derniers ont une influence notable sur la croissance en diamètre des tiges.

 

Le prix du bois

 

Les essences d’arbres n’ont pas toutes la même valeur. Par exemple, le sapin et les épinettes ont des prix de vente supérieurs au tremble.

 

Le prix du bois est aussi différent selon la qualité des billes produites. Les producteurs améliorent donc la rentabilité de leur forêt en produisant des billes destinés au sciage plutôt que des billes destinés aux pâtes et papiers.

 

La variation de la valeur des terrains

 

La valeur de la composante « bois » d’une propriété forestière est fonction du volume et du prix net de chaque catégorie de bois moins les coûts d’opération requis pour le récolter. La résultante est la valeur du bois sur pied.

 

Pour la composante « terrain », la valeur est largement déterminée par l’offre et la demande. Celle-ci est influencée notamment par la localisation, l’accessibilité, l’aspect « loisir » et le zonage. Une propriété située près d’une grande ville, accessible à l’année par un chemin asphalté, fait l’objet d’une demande plus forte qu’un lot éloigné des grands centres dont le chemin d’accès n’est pas entretenu l’hiver.

 

La gestion active

 

Gérer activement son boisé, ça implique de planifier les travaux à venir, de les réaliser aux périodes prévus, tout en se prévalant de l’aide financière existante. Le producteur forestier reconnu par le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs peut avoir accès à l’aide financière de l’Agence des forêts privées de Québec 03 pour réaliser ses travaux forestiers de mise en valeur et peut aussi se prévaloir du programme de remboursement de 85% des taxes foncières. Ces aides financières engendrent un impact fort positif sur le rendement d’un boisé.

 

La diminution des dépenses d’opération

 

On a calculé, par exemple, que le coût d’opération d’un équipement de 20 000 $ acheté uniquement pour débarder annuellement l’équivalent de 35 cordes de 4 pieds est d’environ 77 $ la corde. D’autre part, l’engagement d’un entrepreneur pour débarder le bois coûte environ 30 $ la corde. Pour 35 cordes, cela représente un revenu supplémentaire de 1 645 $.

 

Ne pas posséder d’équipements de débardage comporte certains désavantages mais sur un plan strictement financier, c’est souvent l’option la plus rentable.

 

La fiscalité forestière

 

On peut utiliser certaines dispositions de la fiscalité forestière pour récupérer des montants plus rapidement notamment par l’amortissement accéléré des équipements et l’épuisement du boisé.

 

Lorsque la situation fiscale le permet, on conseille d’amortir les équipements et la valeur du boisé le plus rapidement possible. Il est toujours plus intéressant de récupérer rapidement son investissement que d’attendre à plus tard. Un dollar aujourd’hui vaut toujours plus qu’un dollar reçu dans quelques années. Il faut cependant souligner qui si la vente du bien est supérieure au montant restant à amortir ou à épuiser, il faudra rembourser la différence.

 

La place d’une propriété forestière dans nos placements

 

Est-il plus rentable d’investir dans un boisé qu’ailleurs ?

 

Voyons comment une propriété forestière peut se comparer à des placements traditionnels comme les actions et les obligations. On a comparé, sur plusieurs années (1991-2003), l’évolution de différents types de placements traditionnels à celui d’un boisé. Pour calculer le rendement d’un boisé sur la même période, il faut faire certaines hypothèses:

 

Notre boisé :

 

Superficie du boisé : 40 hectares (100 acres)
Volume de bois en 1991 :
    – Sapin-épinettes : 650 cordes
    – Bois francs : 250 cordes
    – Tremble : 100 cordes
Croissance annuelle du bois : 4 %
Évolution de la valeur du bois : ajustée à chaque année selon la réalité.
Augmentation de la valeur du fonds de terrain : moyenne de 8 % par année.

 

 

Rendements (Période 1991-2003)

rendements

 

Notre boisé, où aucune coupe de bois n’a été réalisée, a rapporté presque autant que les actions canadiennes et mondiales. De plus, l’augmentation de la valeur de la plupart des autres actions a été très variable et même négative certaines années alors que celle des terres à bois a augmenté de façon très régulière.

 

 

Par ailleurs, en plus d’être considérée comme un placement financier, la propriété forestière procure plusieurs autres avantages, tels les loisirs.

 

Diversification

 

L’effet de diversification réfère à la capacité d’un actif à réduire le risque d’un portefeuille de placements. Sans aller dans les détails, on peut calculer que le boisé, combiné avec d’autres placements traditionnels, est le placement qui a la capacité de diversification maximale.

 

Le boisé est un placement attrayant parce que son rendement est intéressant, le risque est faible et sa capacité de diversification est des meilleures.

 

La rentabilité de différents travaux forestiers

 

Le reboisement

 

Une calculatrice financière permet de calculer le rendement financier annuel d’une plantation entre n’importe quel âge. Ainsi, l’augmentation de la valeur annuelle d’une plantation d’épinettes blanches âgée entre 2 et 20 ans est de 12,4 % par année.

 

On peut aussi calculer le rendement sur l’investissement. Par exemple, pour établir la même plantation, son propriétaire a dû débourser 200 $ par hectare. Sur une période de 30 ans, le rendement de son investissement sera de 9 % par année. À 30 ans, la valeur du bois sur pied de cette plantation est estimée à 2 630 $ par hectare.

 

 

L’éclaircie précommerciale

 

Comme pour le reboisement, l’éclaircie précommerciale est un traitement sylvicole financièrement intéressant. L’avantage financier du peuplement éclairci provient en majorité d’une plus grande proportion de bois de sciage de qualité. De plus, un peuplement éclairci comportera des arbres en meilleure santé avec une cime plus développée, les rendant ainsi plus résistants à de futures épidémies d’insectes.

 

Par exemple, un propriétaire qui doit payer 100 $ par hectare pour faire réaliser une éclaircie précommerciale voit son investissement croître annuellement de 12 % sur une période de 25 ans. Effectivement, la valeur d’un peuplement traité par éclaircie précommerciale augmentera significativement par rapport à un peuplement non traité.

 

 

L’éclaircie commerciale

 

L’augmentation de la valeur d’un peuplement de sapin, éclairci à 30 ans, sera d’environ 8,5 % par année jusqu’à l’âge de 45 ans, comparativement à une augmentation annuelle de valeur de 7 % pour un peuplement non éclairci.

 

De plus, si le propriétaire bénéficie d’une aide financière pour réaliser son travail, le rendement annuel augmente davantage. Pour une aide à l’exécution de 425 $ l’hectare, le rendement augmente à 11 % par année.

 

Pour en savoir plus

 

Vous voulez apprendre comment évaluer la rentabilité de votre boisé? Vous pouvez vous inscrire à un cours de formation d’une journée offert par l’Agence des forêts privées de Québec 03. Communiquez avec nous ou notre mandataire le Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec, au (418) 872-0770.

 

Agence des forêts privées de Québec 03

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